Me revoilà après tant de mois d'inactivité, avec un texte que j'ai écrit pour un petit pari avec mon rival amoureux ( Que j'ai écrasé à plates coutures, cela va sans dire ). Le but était d'écrire quelque chose avec trois mots obligatoires : Profiterole, Enchère, Prisonnier.
Voici mon humble participation, et également le retour du plaisir d'écrire , qui pourrait pourquoi pas relancer ce blog délaissé.
Bonne rentrée à tous :)
Il était environ 13 heures lorsque j'ai pris le métro pour aller au marché. Je ne prenais jamais la
voiture tant le contact corporel avec les gens me réjouissait. J'aimais regarder dans les yeux ceux que
je touchais afin d'évaluer la gêne occasionnée par mon enthousiasme exalté. Evidemment tout se faisait
de manière très succinte, très légere, de telle façon que je ne sois pas en tort légalement. Il est
d'ailleurs jouissif, aux heures de pointes, lorsque le mouvement devient quasi impossible, de voir les
tentatives vaines de mes victimes pour s'éloigner de moi.
Aujourd'hui, à 13 heures, j'atteignais enfin l'orgasme.
J'arrivais donc au marché, et me dirigeais vers le seul stand qui m'intéressait. L'homme, assis dans
l'ombre derrière son journal vendait des profiteroles. Et comme je ne mange que de ces petites
friandises, écoeurantes à souhait, j'étais résolument comblé. Oui je déteste les profiteroles, et c'est
justement ce dégout qui m'amène à les admirer et à m'en nourrir exclusivement. Peut-être suis-je
masochiste, mais tout le reste semble si sain, si fade.. Pouvoir maltraiter mon corps de cette façon
permet une domination totale de l'esprit face à la chair. Je me sens tellement puissant. Mon corps
domine les aficionados du metro, tandis que mon esprit domine les profiteroles. J'ai là enfin la preuve
de la faiblesse de mes congénères.
Je m'avançais donc devant mon vendeur préféré.
" Bonjour Roger, comme d'habitude. Et fais vite. L'espace est trop important par ici.."
Sa réponse me frustra
_ Désolé , je ne vends plus de profiteroles
_ Mais? Alors c'est quoi ces merdes exposées sur ton étalage?
_ Des profiteroles
_ Tu te fous de moi?
_ Non. Ce sont des profiteroles, mais je ne les vends pas.
_ Pourquoi les exposer alors?
_ Pour attirer le client.
_ Le client , quel client? Tu n'as que moi comme client.
_ Justement, je voulais t'attirer toi.
_ C'est complètement débile.. Et tu vends quoi alors?
_ Un prisonnier
_ Pardon?
_ Oui oui, je vends un prisonnier
_ J'avoue que je ne te suis pas.
_ Je l'ai trouvé dans la rue. Il était mignon mais avait apparemment été abandonné. Je l'ai recueilli,
et maintenant je le vends.
_ Est-il empli de crème patissière?
_ Très drôle.
_ Ecoute Roger, je n'ai pas besoin de prisonnier. Si c'est pour assouvir un sentiment de supériorité et
de sadisme, je l'assouvis depuis bien longtemps.
_ Tu n'as pas le choix
_ Pardon?
Il ne me répondit pas mais la profondeur de son regard elimina tout doute sur ce que j'avais à faire.
_ Bon combien coute-t-il?
_ Je l'ai mis en enchère.
_ Pardon?
_ Tu ne sais dire que ça?
_ Tu l'as mis en enchère?
_ Oui. La meilleure offre emportera le lot.
_ Mais je suis tout seul !!
_ Ca n'est pas mon problème. Viens
Il m'amena dans un appartemment délabré, qui n'était surement pas le sien, mais la situation fit que
lui poser la question ne ferait qu'envenimer les choses. Après avoir ouvert un placard, le prisonnier
en sortit.Il semblait sûr de lui. Un air vif et les yeux grands ouverts. Il n'avait rien du prisonnier
blafard dont je m'avais fait l'idée. Il me terrorisait.
Roger se mit sur une chaise, au fond de la salle, et commença à parler:
"Aujourd'hui est mis en vente un specimen de prisonnier particulierement réussi. L'enchère de départ
est de 10 ¤. Quelqu'un ici serait intéressé?"
Les deux personnages me regardaient fixement. Ils attendaient une réponse de ma part .
" Euh.. 11 euros", tentais-je désesperément.
Je sentais que je n'adoptais peut-être pas la bonne tactique.
" 20 euros peut-être?"
Leurs yeux semblaient rouler dans leurs orbites.
" D'accord 100 Euros mais je m'arrête là."
Après avoir fait à Roger le chèque de 5000 euros, je sortis totalement déboussolé suivi de mon lot
apparemment réjouit. Ca n'était pas mon cas, j'étais dans un mal-être total. Le fait de l'avoir
derrière moi me mettait mal à l'aise.
" Pars devant! Tout de suite !"
Même les ordres ne me rendaient pas plus fort, le voir nonchalant, regarder avec appétit le monde
autour, les yeux pétillants me rendait fou. Il me tardait de retrouver mon endroit fétiche.
Il était environ 18h lorsque j'ai repris le métro pour rentrer chez moi. Il me regardait dans les yeux
avec insistance tout en me touchant imperceptiblement. Son regard occasionnait une gêne absolue en
moi.Evidemment tout se faisait d'une manière tres succinte, très légère, rien qui ne pouvait être
attaqué en justice. C'était l'heure de pointe, la masse humaine était trop compacte, je ne pouvais
absolument pas m'éloigner de lui.
Aujourd'hui à 18h je venais de vivre mes dernieres heures de liberté.
Voici mon humble participation, et également le retour du plaisir d'écrire , qui pourrait pourquoi pas relancer ce blog délaissé.
Bonne rentrée à tous :)
Il était environ 13 heures lorsque j'ai pris le métro pour aller au marché. Je ne prenais jamais la
voiture tant le contact corporel avec les gens me réjouissait. J'aimais regarder dans les yeux ceux que
je touchais afin d'évaluer la gêne occasionnée par mon enthousiasme exalté. Evidemment tout se faisait
de manière très succinte, très légere, de telle façon que je ne sois pas en tort légalement. Il est
d'ailleurs jouissif, aux heures de pointes, lorsque le mouvement devient quasi impossible, de voir les
tentatives vaines de mes victimes pour s'éloigner de moi.
Aujourd'hui, à 13 heures, j'atteignais enfin l'orgasme.
J'arrivais donc au marché, et me dirigeais vers le seul stand qui m'intéressait. L'homme, assis dans
l'ombre derrière son journal vendait des profiteroles. Et comme je ne mange que de ces petites
friandises, écoeurantes à souhait, j'étais résolument comblé. Oui je déteste les profiteroles, et c'est
justement ce dégout qui m'amène à les admirer et à m'en nourrir exclusivement. Peut-être suis-je
masochiste, mais tout le reste semble si sain, si fade.. Pouvoir maltraiter mon corps de cette façon
permet une domination totale de l'esprit face à la chair. Je me sens tellement puissant. Mon corps
domine les aficionados du metro, tandis que mon esprit domine les profiteroles. J'ai là enfin la preuve
de la faiblesse de mes congénères.
Je m'avançais donc devant mon vendeur préféré.
" Bonjour Roger, comme d'habitude. Et fais vite. L'espace est trop important par ici.."
Sa réponse me frustra
_ Désolé , je ne vends plus de profiteroles
_ Mais? Alors c'est quoi ces merdes exposées sur ton étalage?
_ Des profiteroles
_ Tu te fous de moi?
_ Non. Ce sont des profiteroles, mais je ne les vends pas.
_ Pourquoi les exposer alors?
_ Pour attirer le client.
_ Le client , quel client? Tu n'as que moi comme client.
_ Justement, je voulais t'attirer toi.
_ C'est complètement débile.. Et tu vends quoi alors?
_ Un prisonnier
_ Pardon?
_ Oui oui, je vends un prisonnier
_ J'avoue que je ne te suis pas.
_ Je l'ai trouvé dans la rue. Il était mignon mais avait apparemment été abandonné. Je l'ai recueilli,
et maintenant je le vends.
_ Est-il empli de crème patissière?
_ Très drôle.
_ Ecoute Roger, je n'ai pas besoin de prisonnier. Si c'est pour assouvir un sentiment de supériorité et
de sadisme, je l'assouvis depuis bien longtemps.
_ Tu n'as pas le choix
_ Pardon?
Il ne me répondit pas mais la profondeur de son regard elimina tout doute sur ce que j'avais à faire.
_ Bon combien coute-t-il?
_ Je l'ai mis en enchère.
_ Pardon?
_ Tu ne sais dire que ça?
_ Tu l'as mis en enchère?
_ Oui. La meilleure offre emportera le lot.
_ Mais je suis tout seul !!
_ Ca n'est pas mon problème. Viens
Il m'amena dans un appartemment délabré, qui n'était surement pas le sien, mais la situation fit que
lui poser la question ne ferait qu'envenimer les choses. Après avoir ouvert un placard, le prisonnier
en sortit.Il semblait sûr de lui. Un air vif et les yeux grands ouverts. Il n'avait rien du prisonnier
blafard dont je m'avais fait l'idée. Il me terrorisait.
Roger se mit sur une chaise, au fond de la salle, et commença à parler:
"Aujourd'hui est mis en vente un specimen de prisonnier particulierement réussi. L'enchère de départ
est de 10 ¤. Quelqu'un ici serait intéressé?"
Les deux personnages me regardaient fixement. Ils attendaient une réponse de ma part .
" Euh.. 11 euros", tentais-je désesperément.
Je sentais que je n'adoptais peut-être pas la bonne tactique.
" 20 euros peut-être?"
Leurs yeux semblaient rouler dans leurs orbites.
" D'accord 100 Euros mais je m'arrête là."
Après avoir fait à Roger le chèque de 5000 euros, je sortis totalement déboussolé suivi de mon lot
apparemment réjouit. Ca n'était pas mon cas, j'étais dans un mal-être total. Le fait de l'avoir
derrière moi me mettait mal à l'aise.
" Pars devant! Tout de suite !"
Même les ordres ne me rendaient pas plus fort, le voir nonchalant, regarder avec appétit le monde
autour, les yeux pétillants me rendait fou. Il me tardait de retrouver mon endroit fétiche.
Il était environ 18h lorsque j'ai repris le métro pour rentrer chez moi. Il me regardait dans les yeux
avec insistance tout en me touchant imperceptiblement. Son regard occasionnait une gêne absolue en
moi.Evidemment tout se faisait d'une manière tres succinte, très légère, rien qui ne pouvait être
attaqué en justice. C'était l'heure de pointe, la masse humaine était trop compacte, je ne pouvais
absolument pas m'éloigner de lui.
Aujourd'hui à 18h je venais de vivre mes dernieres heures de liberté.
